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Interview – Le FM face aux conséquences de la crise sanitaire

« La crise actuelle représente une opportunité pour le secteur du FM car elle met en évidence notre plus-value de chefs d’orchestre et d’assembleurs des métiers des services aux environnements de travail »

 

Alors qu’une sortie de la crise sanitaire ne semble pas encore totalement visible, les métiers des services aux environnements de travail sont aujourd’hui à la croisée des chemins. Entre résilience, opportunité et remise à plat de leurs modèles économiques, les acteurs du Facility Management accélèrent leur réflexion autour de l’avenir de leurs métiers.

 

« La crise actuelle représente une opportunité pour le secteur du FM car elle met en évidence notre plus-value de chefs d’orchestre et d’assembleurs des métiers des services aux environnements de travail. Le recours massif au télétravail par les clients place nos pilotes de sites en responsabilité accrue sur le fonctionnement des immeubles et sur la coordination des mesures indispensables à la continuité de l’activité : organisation des mises en sécurité sanitaires, rappel des gestes barrières, nettoyage renforcé etc. Cette autonomie accrue, imposée par le contexte général, permet de démontrer en pratique ce que nous affirmons depuis des années. » Pour Eric Lefiot, président du SYPEMI, l’opportunité est grande et doit être saisie.

 

L’opportunité de rabattre les cartes d’un avenir différent

Si la crise sanitaire a induit une accélération des réflexions sur la flexibilité raisonnable / acceptable en imposant des modifications, des adaptations avec mise en œuvre immédiate qui n’auraient sans doute pas vu le jour spontanément, elle n’en est pas moins l’opportunité de prévoir un avenir plus performant pour les acteurs du FM comme pour leurs clients. En repensant les modèles actuels, en se penchant sur les pistes notables de progrès ou encore accélérant les innovations et le développement de nouveaux marchés, il est fort à parier que de nouvelles pistes émerges. « Pour les activités traditionnelles des services associés l’immobilier de bureaux, un des enjeux majeurs se trouve dans la remise en cause de la césure entre immobilier et services. Cette barrière, avec d’un côté les acteurs de l’immobilier focalisés sur les rendements locatifs, les valorisations des immeubles et les équilibres de portefeuilles et de l’autre les acteurs des services axés sur les valeurs de bien être des occupants, de bon fonctionnement des immeubles, de sécurité et de sûreté, ne permet pas une approche globale de la chaîne de valeur de l’immobilier » explique Éric Lefiot qui poursuit : « Nous sommes face à des hiérarchies de métiers entre asset managers, property managers et facility managers, et il sera indispensable de se parler mieux et plus, de reconnecter l’amont et l’aval pour envisager ensemble un avenir qui va conjuguer télétravail, nécessité de suivre les salariés dans les multiples lieux où s’exercera désormais leur activité etc. L’absence de dialogue, qui pouvait malheureusement subsister en régime stable, devient un handicap lorsque tout change et qu’il faut repenser les valeurs ajoutées de chacun comme c’est le cas actuellement, et désormais les conjuguer. »

 

Innover et aller à la rencontre de nouveaux marchés

Dans l’avenir, le FM doit développer de nouveaux liens avec la territorialité en ne se limitant pas au tertiaire concentré et en ciblant les personnes et les organisations, pas seulement les immeubles. « Les besoins et attentes de services ne se situent pas seulement à la Défense ou dans le Triangle d’Or de Paris. Surtout lorsque de nombreux salariés de ces sites risquent de les déserter pour la Lozère ou la Bretagne, sous la seule condition d’une liaison numérique de qualité. Il demeure en France de véritables déserts de services. » défend Éric Lefiot « Le FM a une carte à jouer face à cette situation en proposant aux territoires le développement de centres de services proches du public, dans le cadre d’une sorte de « délégation multiservices », assurée par des personnels en posture d’interopérabilité et portant sur des questions administratives, divers services de proximité à l’habitant, à l’entreprise, au salarié, à la collectivité … pourquoi pas de type sanitaire, etc. Il ne s’agirait pas d’« externalisation » de services publics à proprement parler, mais de création ex nihilo de services divers assurés par le secteur privé. Il serait ainsi possible de résoudre la quadrature du cercle entre politiques de réduction des dépenses publiques et engagements de présence et de services au plus près des populations.  Cette démarche permettrait évidemment la création d’emplois locaux axés sur le principe de la flexibilité du travail et de l’interopérabilité des métiers. »

 

Imaginer la reconnaissance du FM comme UN métier intégrateur des métiers de services et générateur de polyvalence

Alors que l’heure est à la réduction des branches, la reconnaissance du FM comme un métier à part entière doit être ouverte. Pour Éric Lefiot, « une action spécifique, expérimentale, focalisée sur de nouveaux services par exemple aux territoires comme évoqué précédemment, pourrait aujourd’hui justifier une telle réflexion ». Une réflexion sur les métiers qu’il convient de coupler avec les enjeux de digitalisation et de la montée en compétence et en polyvalence de bons nombres des métiers du FM.