La réduction de l’empreinte carbone est aujourd’hui au cœur des préoccupations des propriétaires, des directions immobilières et des exploitants de bâtiments tertiaires. Entre les exigences réglementaires, la maîtrise des coûts énergétiques et les engagements RSE des entreprises, la transition environnementale s’impose désormais comme un enjeu stratégique.

Dans ce contexte, le Facility Management occupe une place singulière. Son rôle ne consiste pas uniquement à garantir le bon fonctionnement des bâtiments ou la qualité des services rendus aux occupants. Parce qu’il intervient au quotidien sur l’exploitation des sites, il dispose d’une capacité d’action concrète pour participer à la réduction de l’empreinte carbone du secteur tertiaire.

C’est cette conviction qui a conduit le SYPEMI à publier son Mémorandum Technique « Empreinte Carbone », fruit d’un travail collectif mené par plusieurs experts de la profession. Cette publication propose une réflexion sur la manière dont les métiers du Facility Management peuvent accompagner durablement la décarbonation des bâtiments en exploitation.

L’exploitation des bâtiments : un levier encore sous-estimé

Lorsque l’on évoque l’empreinte carbone d’un bâtiment, les débats portent souvent sur sa conception, les matériaux utilisés ou sa performance énergétique initiale. Pourtant, un immeuble est exploité pendant plusieurs décennies. Durant cette période, les choix réalisés en matière de maintenance, d’exploitation, d’énergie ou de services influencent directement son impact environnemental.

Chaque intervention technique, chaque déplacement, chaque remplacement d’équipement, chaque consommation d’énergie ou production de déchets contribue, à son échelle, au bilan carbone global.

C’est précisément parce qu’il pilote ces activités au quotidien que le Facility Management peut agir de manière concrète. Le mémorandum rappelle d’ailleurs que les métiers du FM interviennent sur de nombreux postes d’émissions relevant des scopes 1, 2 et 3 du bilan des gaz à effet de serre, bien au-delà des seules consommations énergétiques.

Passer d’une logique de maintenance à une logique de performance environnementale

L’une des principales évolutions mises en évidence par cette publication concerne la transformation du rôle du Facility Management.

Pendant longtemps, la mission des prestataires consistait essentiellement à maintenir les équipements en état de fonctionnement, garantir la continuité de service et maîtriser les coûts d’exploitation.

Aujourd’hui, une nouvelle dimension s’ajoute progressivement à ces objectifs : la performance environnementale.

Le Facility Manager devient un acteur capable de conseiller ses clients sur les solutions permettant de limiter leur empreinte carbone, qu’il s’agisse de prolonger la durée de vie des installations, d’améliorer leur rendement énergétique ou d’optimiser l’organisation des prestations.

Le SYPEMI propose ainsi d’intégrer progressivement cette dimension au sein des contrats de Facility Management grâce au développement du Contrat de Performance Environnementale (CPEnv), appelé à compléter les approches déjà développées autour des Contrats de Performance Énergétique.

Une multitude de décisions qui, mises bout à bout, changent réellement l’impact environnemental

L’intérêt du mémorandum réside dans son approche très opérationnelle. Il montre que la réduction de l’empreinte carbone ne repose pas uniquement sur de grands investissements technologiques. Elle résulte aussi d’une succession de décisions prises quotidiennement sur le terrain.

Préférer la réparation au remplacement lorsque cela est possible, optimiser les tournées des techniciens, privilégier des pièces reconditionnées, ajuster plus finement les réglages des installations, accompagner les occupants vers des usages plus sobres ou encore développer des solutions de mobilité moins émissives : chacune de ces actions paraît modeste prise isolément. Ensemble, elles produisent un effet significatif sur la durée de vie d’un bâtiment.

Cette approche illustre parfaitement l’évolution du Facility Management, qui ne se limite plus à gérer des prestations mais participe désormais à l’amélioration continue de la performance globale des actifs immobiliers.

Tous les métiers du Facility Management sont concernés

Le mémorandum met également en évidence que cette démarche dépasse largement la seule maintenance technique.

L’optimisation énergétique, la gestion des déchets, la restauration collective, les espaces verts, les achats, les transports, la gestion des fluides ou encore les services aux occupants constituent autant de domaines dans lesquels les professionnels du Facility Management disposent de leviers d’action.

Cette vision transversale reflète la réalité des contrats actuels, où la création de valeur repose de plus en plus sur la capacité à coordonner l’ensemble des services autour d’objectifs communs de performance économique, énergétique et environnementale.

Une publication pour accompagner l’évolution des pratiques

À travers ce nouveau mémorandum, le SYPEMI confirme sa volonté d’accompagner la profession dans les transformations qui redessinent progressivement les métiers du Facility Management.

Loin d’être un simple état des lieux, cette publication apporte des pistes de réflexion, des exemples d’application et une vision structurée des leviers mobilisables pour participer à la réduction de l’empreinte carbone du secteur tertiaire.

Elle s’adresse aux directions immobilières, aux Asset Managers, aux Property Managers, aux responsables Facility Management, aux exploitants ainsi qu’à l’ensemble des acteurs qui souhaitent intégrer davantage la performance environnementale dans leurs stratégies d’exploitation.

Parce que la transition écologique ne se joue pas uniquement au moment de construire un bâtiment. Elle se construit également, chaque jour, pendant toute sa phase d’exploitation. C’est précisément sur ce terrain que le Facility Management démontre toute sa valeur.

Le Facility Management peut-il réellement contribuer à la réduction de l’empreinte carbone du secteur tertiaire ?


Oui. Si le Facility Management n’agit pas sur la conception des bâtiments, il intervient tout au long de leur phase d’exploitation, qui représente plusieurs décennies. En optimisant les installations techniques, les consommations d’énergie, la maintenance, les déplacements, la gestion des déchets ou encore les services aux occupants, il contribue concrètement à réduire les émissions de gaz à effet de serre du secteur tertiaire.

Quels sont les principaux leviers d’action du Facility Management ?


Les leviers sont nombreux. Ils concernent notamment l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments, la prolongation de la durée de vie des équipements grâce à une maintenance adaptée, l’optimisation des déplacements des équipes techniques, le développement de solutions de mobilité à faibles émissions, la réduction des déchets, la gestion responsable des espaces verts ou encore la lutte contre le gaspillage alimentaire dans les services de restauration.

Pourquoi l’exploitation d’un bâtiment est-elle déterminante dans son bilan carbone ?

Un bâtiment est généralement exploité pendant plusieurs dizaines d’années. Durant cette période, les consommations d’énergie, les opérations de maintenance, les remplacements d’équipements, les prestations de services et les usages des occupants génèrent une part importante de son empreinte carbone. Agir sur cette phase permet donc d’obtenir des réductions durables des émissions.

Qu’est-ce qu’un Contrat de Performance Environnementale (CPEnv) ?

Le mémorandum du SYPEMI propose le concept de Contrat de Performance Environnementale (CPEnv). Son objectif est d’intégrer des engagements mesurables de réduction de l’empreinte carbone dans les contrats de Facility Management, en complément des objectifs économiques et énergétiques déjà présents dans de nombreux contrats.

À qui s’adresse le Mémorandum Technique « Empreinte Carbone »


Cette publication s’adresse aux directions immobilières, responsables Facility Management, Asset Managers, Property Managers, exploitants, entreprises de Facility Management, collectivités et, plus largement, à tous les professionnels souhaitant intégrer la performance environnementale dans la gestion et l’exploitation de leurs bâtiments tertiaires.

Pourquoi le SYPEMI publie-t-il ce mémorandum ?

À travers cette publication, le SYPEMI souhaite démontrer que le Facility Management constitue un levier essentiel de la transition environnementale du secteur tertiaire. Le mémorandum rassemble les bonnes pratiques, les retours d’expérience et les pistes d’action permettant aux professionnels de faire évoluer leurs pratiques vers une exploitation plus sobre, plus performante et plus durable.

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